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Le Diable s'habille en Silure

  • gaillardtibo10
  • 22 nov. 2025
  • 7 min de lecture

Le diable s'habille en silure


L'idée de cet article est de faire prendre conscience des réalités de nos rivières et bien sûr de faire connaître le

silure. Il s'agit d'apporter des informations et de remettre la connaissance au centre du débat. Le silure en est un.


Il fascine, il effraie, mais est il aussi dévastateur qu'on le laisse entendre?


Le silure a fait son apparition en France dans les années 70 dans les Dombes (pisciculture de

Silvéréal) soit il y un peu plus de 50 ans et sa longévité est d'environ 40 à 50 ans. Les spécimens de taille colossales

(≥2,5m) sont donc ceux datant de cette époque ...pas si lointaine.

Le silure est un omnivore Opportuniste à tendance carnassière et cannibale.

Son régime alimentaire n'est pas constitué à 100% de poissons. Sur le Rhône on tourne autour de 40% le reste étant

constitué de mollusques, crustacés, amphibiens, mammifères, oiseaux... (Faure & Tanzilli, 2016).

Pourtant on trouve encore le moyen de penser qu'il est l'unique responsable du déclin des espèces piscicole des

rivières françaises.


Les études sur d'autres bassins concernant son régime alimentaire manquent cruellement à l'appel pour le juger et

prendre des mesures de gestion adaptées (Poulet , 2024).

Les conclusions de l'étude réalisée pour l'OFB (Office Français de la Biodiversité) par Poulet et al en 2024, ont

tellement été dérangeante que l'étude a été retirée... Dès fois qu'elle ne soit efficace.


Les gros éliminent les petits du fait de la concurrence alimentaire, dans les bassins dans lesquels ils sont

présents depuis leur apparition en France (bassin rhodanien). De ce fait les classes d'âges au sein des populations

des fleuves français n'y sont pas toujours équilibrées et dans d'autres elles sont souvent encore en expansion.

Il est pêché (ou plutôt détruit) a outrance dans certains fleuves français : De 2020 à 2023 (700 silures péchés) et

depuis 2024 sur d'autres fleuves voisins pour plus de 2000 individus (Garonne, Dordogne, Adour et Charente). Il sont

péchés par des pêcheurs professionnels et des écolos sortis de st cyr, bien trop ravi de contribuer à cette

destruction !

Il est alors sorti de l'eau, abattu, détruit par ses opposants, parce qu'il provoquerait semble tilt des déséquilibres

écologiques?


Un vaste Cluedo qui s'apparente plus à une chasse au sorcières qu'à un rétablissement de la continuité écologique,

de la qualité des cours d'eau et de la qualité biologique des rivières.

Mais alors À qui profite le crime ?


L'homme est donc bien plus (ir) responsable de la destruction de nos rivières. Depuis l'après guerre, il a fallu


reconstruire le pays, tant physiquement qu'économiquement, ce qui a fait de l'écologie un sujet très très très

secondaire.


Pour preuve :

- Est-ce les silures qui ont rejeté des polluants industriels et agricoles dans les cours d'eau?

- Est-ce les silures qui ont dégradé la qualité de l'eau de nos rivières, depuis des décennies au détriment de la santé

de nos enfants ?

- Est-ce lui qui a re profilé les rivières, engendrant inondations et glissements de terrains ; supprimant les

méandres, les espèces et les habitats, en conduisant les pelleteuses ?

- Est ce lui qui a construit des barrages hydroélectrique ?

- Est ce lui qui a construit des passes a poissons aussi inefficaces que les ingénieurs qui les ont conçues, au pied

desquels s’agglutinent des poissons migrateurs qui n'en trouvent pas l'entrée ?

- Est ce encore lui qui a décider de cultiver les prairies inondables en bord de rivière là où le brochet venait se

reproduire ?

- Et cerise sur le gâteau est ce lui qui a décidé de protéger le cormoran ?


Un non sens pourtant bien réel.


Ce non sens s'accompagne aussi d'un éternelrecommencement ! Nos ancêtres par exemple ont toujours

considéré l'anguille comme une espèce nuisible qu'il fallait détruire car ils considérait qu'elle était présente en trop

grand nombre, donc nuisible donc vulgairement donnée aux poules...


Puis ce fut le tour du brochet considéré comme l'ogre des eaux françaises ! On l'a prélevé des rivières en

mettant la Taille légale de capture à 30cm puis à 50 cm et on se rend compte depuis quelques années qu'ils sont

tout juste à taille de reproduction, donc à peine mature ! Le renouvellement de l'espèce ne peut donc pas se faire!

Quelques voix se sont élevées (enfin) et cette taille est aujourd'hui plus située entre 60 et 80 cm selon la volonté des

fédérations! Ça va faire du bruit dans les chaumières car la musette de Monsieur ne remplira plus la marmite de

bobonne !


Et que dire du sandre, qui a sont arrivée n'avait pas bonne promo ! ce meurtrier sanguinaire qui chasse en


groupe, les moyens tuant pour les gros et les petits finissent les restes !!!

Là aussi, pour toutes ces espèces il fallu se battre pour reconnaître leur intérêt, menacé d'extinction ou inscrit sur la

liste rouge des espèces menacée le combat n'est pas encore gagné!


Le silure subit malheureusement le même sort...


Les gouvernements qui se sont succédé et les grandes instances d'état qui nous gouvernent, dans leur non

gestion, leur méconnaissance des rivières, leur hypocrisie et leur mauvaise foi la plus totale trouvent dans le silure,

un bouc émissaire parfait, plutôt que de reconnaître leurs torts...

Un retour en arrière sur des années de mauvaises décisions est dorénavant plus que nécessaire.


Un impact sur les poissons migrateurs ?


Les poissons sont migrateurs sont des espèces qui sont toutes menacées. Rappelons tout de même

qu'elles sont bien souvent péchés commercialement. Ainsi les Saumons, Anguilles ou encore Aloses n'ont pas

attendu l'arrivée du silure pour être déjà en déclin.

Cependant, il est vrai qu'en combinant la diminution des niveaux d'eaux et l'inefficacité des passes à poissons, les

migrateurs s'y retrouvent agglutinés. La belle aubaine pour le silure qui en groupe se gavent plus que de raison.

Certes.


Et l' OFB elle même le reconnaît : «


Il est également indéniable que la régulation voire l'éradication des populations aquatiques se révèle de part sa

complexité et son coût, est généralement hors de portée (Sarat et al., 2015).


Pour nos élus lire les études scientifiques qui traitent de ce poisson serait plus judicieux pour gérer cette espèce

plutôt qu'écouter les lobbys de la pêche industrielle qui impactent les populations de poissons migrateurs ou non

bien plus que le silure.

La pêche professionnelle en eaux douce, se frotte les mains face a des ministères non renseignés, peu intéressés,

ou trop heureux de détruire ce qu'ils n'ont pu construire !


Un frémissement sensible à l'Assemblée Nationale


La député du Nord , Sandra Delonoy, a relancé le débat. Ainsi le ministère de la transition écologique s'est


saisi du dossier et la réponse laisse imaginer le pire : un double classement, en tant qu’espèce exotique

envahissante (EEE) et espèce susceptible de causer des déséquilibres biologiques (ESDB) .

Comment cela se traduirait sur le terrain ? .... Des poissons morts sur la berge avec toute la vermine pour le

décomposer?

Une obligation par les pêcheurs d'appeler un équarrisseur (payant) ?

Et si les pêcheurs s’arrêtaient de pêcher? Qui irait faire le sale boulot? Mme Rousseau peut être?


La mise en application reste donc a établir car rien n'est fait.....

A moins que le président de le FNP, Claude Roustan se montre plus clair sur sa position, préférant éviter les conflits

que de soutenir une position commune sur le silure. Celui qui criera le plus fort aura t'il gain de cause?


Qu'en est il des autres espèces ?


Pour mon avis personnel le classement en nuisible du silure avec interdiction de no-kill aurait un effet


dramatique sur les populations des espèces restantes....


Premièrement, la pêche professionnelle y verrait là comme une aubaine, qui leur permettrait de terminer le


travail en pillant les rivières, et ce toute légalité.


Deuxièmement, le vide laissé par les silures non remis a l'eau est quand à lui difficilement appréciable car il


existe aucune étude permettant de déterminer le réel impact que cela impliquerait. Le petits silures restant

trouveront probablement de quoi se nourrir.

Mais les autres espèces auront elles le temps de se refaire une santé et recoloniser les milieux ? Rien n'est moins

sûr, même l'IA n'y pourra rien...


Alors oui, le coupable est tout trouvé. Coupable qui pourtant a su s'acclimater aux pollutions, aux fluctuations

physiques, aux écoulements modifiés et aux destructions d'habitats....


Là encore face à la prolifération de nuisibles, tortues de Floride, écrevisses de Louisiane, ragondins, corbicules et

pigeons biset les grands silures jouent un rôle de régulateur dans certaines rivières.


En clair on se rend compte petit a petit que le silure n'est pas l'orgre a l'appétit guargantuesque de nos rivières.

Considéré, comme un ennemi, il pourrait être un allié, encombrant certes, mais certainement plus utile qu'on ne le

pense.

Dans chaque cas, dans chaque rivières les résultats seront différents, car chaque contexte est différent.


Activités économiques, agricoles, urbanisation, statuts de protection, état écologique, tout ces critères sont à

prendre en considération quand à la prolifération de silure et sur les mesures de gestion à mettre en place.


Alors étudions le! plutôt que de tenter l'impossible destruction de cette espèce sans dommages collatéraux.

Ses jours sont peut être comptés mais la route est encore longue avant de trouver des rivières labellisées "zéro

silures et écologiquement saines".


" Il n'y a qu'en criant fort qu'on faire taire ceux qui chantent faux" (Grégoire Lacroix. 1933 - ... )


Gaillard Thibault


Bibliographie

Poulet, N., Beaulaton, L., (2023). État des connaissances et positionnement de L'OFB concernant le silure (silurus

glanis).


Sarat, E., Mazaubert, E., Dutartre, A., Poulet, N., & Soubeyran, Y. (2015). Les espèces exotiques envahissantes dans

les milieux aquatiques. Connaissances pratiques et expériences de gestion,1.


Faure, J.-P., & Tanzilli, J.-C. (2016). L’installation du silure dans le bassin du Rhône : bilan de trois décennies de suivi

de l’espèce. Lyon, France: Fédération du Rhône et de la Métropole de Lyon pour la Pêche et la Protection du Milieu

Aquatique. p. 50.


 
 
 

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